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Couvre-chef

  Couvre-chef : s.m. Mot composé de couvrir et de chef (au sens de tête). Ce mot vieilli et un peu précieux aujourd’hui désigne tous les types de vêtements qui se portent sur la tête. À différentes époques et dans la quasi-totalité des cultures du monde, le couvre-chef a été une pièce vestimentaire majeure. Il est signe de pouvoir et de souveraineté. Par exemple, le roi de France restait le chef couvert ainsi que les “princes du sang¨, alors les sujets se découvraient en sa présence. Le couvre-chef remplaçait ainsi la couronne, sauf dans les cérémonies spécifiques comme le sacre ou les réceptions officielles. Ôter son couvre-chef, c’était reconnaître la chaîne du pouvoir. Cette règle a subsisté jusqu’à la Révolution française. Ainsi, la famille royale, arrêtée à Varennes et transférée à Paris, est accueillie par une foule solennelle, dont toutes les têtes restent couvertes, exprimant ainsi le refus du pouvoir du roi.

Couvre-chef et cinéma : CIV. Que ce soit les films de cape et d’épée, les westerns, les films historiques, ceux dont l’action se passe dans le milieu ouvrier, paysan, bourgeois, aristocratique, religieux, militaire, etc., les couvre-chefs coiffant les personnages revêtent une grande importance, car ils situent l’action dans l’histoire et lui donnent des accents d’authenticité. Bien souvent, ils campent un personnage dans une époque, dans son pays, dans son rôle social, lui confèrent un caractère solennel, patibulaire, élégant, minable, comique ou tragique. Plus que des accessoires, ils sont devenus le signe distinctif qui nous permet de les reconnaître immédiatement. Au début du XXe siècle, quand les tops models n’existaient pas, les actrices de théâtre et de cinéma faisaient fonction de modèles.

Encyclopédie du couvre-chef, Samedi midi éditions, p.142 et p.147

Dans le film Les Immortels sorti en novembre dernier, quatre oracles coiffées de voiles de soie rouge portent les couvre-chefs présentés ci-dessous. Ces couvre-chefs de soie brodée ont été conçus par Eiko Ishioka et fabriqués à l’atelier Commeunchapeau.com. Voici un aperçu de la réalisation de ces magnifiques sculptures.

Hats: An anthology by Stephen Jones à New-York

Hats: An anthology by Stephen Jones, est né d’une collaboration entre le musée Victoria & Albert de Londres et Stephen Jones, un des plus grands modistes internationaux. Cette exposition regroupant plus de 250 couvre-chefs est présentée au Bard Graduate Center (BGC) de New-York jusqu’au 15 avril 2012. Les couvre-chefs choisis par Stephen Jones sont d’époques et de styles très variés: un fez égyptien du 12e siècle, une couronne indienne 1800-1900, un chapeau couture Balenciaga 1950, la casquette de baseball de Babe Ruth, un turban d’Estée Lauder, le haut-de-forme du président Franklin Roosevelt, quelques créations contemporaines de Philip Treacy,…Plus de 250.

À noter que  la création d’ Alinoa Kononova  1er prix du récent concours de chapeaux auquel je me suis classé en août dernier (voir billet du mois d’août) fait aussi partie de cette exposition.

En 2009, plus de 100,000 personnes ont visité l’exposition au V&A de Londres. Si vous faites partie de ceux et celles qui auront la chance de voir la version new-yorkaise, faites moi vos commentaires! Je ferai les miens au printemps.

Cristobal Balenciaga pour Elsa, 1962

Caroline Reboux, chapeau porté par l’impératrice Eugénie 1865

Simone Mirman, Langoustine Fantasia, 1965

Bonnet, Angleterre 1835

Mitzah Bricard pour Christian Dior, 1955